Bilan en fin de parcours du projet « Jiggen Ni tamit » financé et piloté par PlaNet finance
PlaNet finance Sénégal a lancé en 2007 le projet « Jjiggen Ni Tamit », programme de formation et de sensibilisation de 3000 jeunes filles et femmes à la microentreprise. Ce programme d’une durée d’un an, mis en place dans la région de Dakar et de Thiès, vise la réalisation des actions suivantes :
Formation : mise en place de sessions de formation pour renforcer les capacités des femmes microentrepreneuses ;
Sensibilisation : organisations d’actions de sensibilisation et de forum professionnels afin d’encourager l’esprit d’entreprenariat des femmes ;
Financement de projets : appui dans le montage de dossiers PlaNet Microfund, ligne de crédit mis à disposition des IMF afin de leur permettre de répondre au besoin en financement des femmes porteuses de projet.
Le Courrier du Consommateur est allé à la rencontre de Mme Clémence D. AÏDARA Responsable des Programmes de PlaNet finance Sénégal et de 3 responsables d’organisations partenaire de ce projet.
Mme Clémence D. AÏDARA Responsable des Programmes de PlaNet finance Sénégal
COCO : Mme AÏDARA parlez nous de PlaNet finance et des actions menées dans ce projet ?
Mme AÏDARA : PlaNet finance est une organisation internationale qui appuie dans plus de 60 pays les populations les plus pauvres dans le secteur de la microfinance. Nous sommes convaincus que la microfinance est un outil efficace pour lutter contre la pauvreté et nous avons souhaité toucher particulièrement les femmes parce qu’il y a aujourd’hui un constat inquiétant qui est, qu’au Sénégal la participation des femmes au niveau de la microfinace a régressée. Il y cinq ans 45% des bénéficiaires étaient des femmes aujourd’hui, elles ne sont que 35 %, alors que les personnes les plus vulnérables face à la pauvreté, sont les femmes et notamment les jeunes filles. Donc nous avons souhaité mener ce programme pour permettre dans un premier temps, d’encourager l’entreprenariat féminin par des actions de sensibilisation, renforcer les capacités des femmes par des formations, à la gestion d’une entreprise et à la gestion d’un crédit exemple comment est ce qu’on gère un crédit ainsi que son remboursement, enfin, nous avons appuyé les institutions de microfinances partenaires, à accéder à des fonds leur permettant d’accorder des crédits aux femmes.
COCO : Votre évaluation sur ce projet « Jiggen Ni Tamit »?
Mme AÏDARA : L’objectif principal était de sensibiliser 3.000 femmes et de former 500 femmes, nous avons dépassé ce nombre au point que les sollicitations nous obligent à continuer ce projet en 2008 avec le soutien de la fondation Orange.
COCO : Y’aura –t-il un suivi après cette formation ?
Mme AÏDARA : Bien sûr, puisque la méthologie est de s’appuyer sur des formatrices au sein des institutions de microfinance partenaires. PlaNet finance a formé des femmes ressources deux à trois selon la taille des structures, qui elles mêmes démultiplient les formations. Ce sont ces femmes qui sont là pour suivre et appuyer les autres. Ceci dit, ce n’est pas une formation uniquement mais aussi un accompagnement qui se fait par le biais des institutions.
COCO : PlaNet finance a-t-elle d’autres projets pour lutter contre la pauvreté ?
Mme AÏDARA : le plus important qui va démarrer cette année, est le développement de la microfinance en milieu rural, qui est un projet qui veut atteindre 30.000 microentrepreneurs hommes et femmes confondus. Ce projet qui a démarré depuis Janvier 2008 et qui sera clôturé en 2010, vise à atteindre 180.000 personnes parce qu’on estime qu’une personne dans une famille fait vivre environ plus de six personnes, car quand vous appuyez une microentreprise avec un crédit, vous touchez presque toute une famille entière.
Mme Fatoumata Bèye Gaye responsable de l’antenne régionale du Programme des Femmes en Milieu Urbain et Rural (profemur) Dakar
COCO : Parlez nous de Profemur
Mme Fatoumata Bèye Gaye : nous sommes 20.000 membres, présents dans quatre régions du Sénégal Dakar- Thiès – St Louis- Matam. Notre siège se trouve à Dakar au Golf Sud Hamot1 villa 92L.
COCO : Qu’elles sont vos activités ?
Mme Fatoumata Bèye Gaye : Nous avons des mutuelles d’épargne et de crédit, des mutuelles de santé, une coopérative d’habitat pour les femmes, une unité de transformation des céréales locales fruits et légumes avec l’appui de l’Institut de Technologie Alimentaire.
Nous faisons aussi de l’alphabétisation dans différentes langues nationales, de la formation en santé maternelle, infantile et Sida. Nous avons formé des femmes para juristes pour connaître leurs droits et en faire bénéficier leurs sœurs.
COCO : Qu’avez-vous reçu du projet « Jiggen Ni Tamit » ?
Mme Fatoumata Bèye Gaye : la formation, du crédit pour deux de nos mutuelles d’épargne et de crédit.
Mme Aïssatou CISSE Gérante de MEC des femmes de Bargny
COCO : Mme CISSE veuillez nous présenter votre organisation ?
Mme Aïssatou CISSE : cette Mutuelle d’Epargne et de Crédit est implantée à Bargny et a été créée à l’initiative des groupements de Promotion féminine dirigé par Mme Khady NDAO Présidente Nationale. Nous sommes 2 199 membres au niveau de la mutuelle dont 70 groupements de promotion féminine. Nos activités ont démarré depuis 2005 et nous sommes partenaire de PlaNet finance depuis Mai 2006.
COCO : Quelles sont vos activités ?
Mme CISSE : Le commerce, la transformation des produits halieutiques, la culture maraichère et le secteur artisanal.
COCO : Dans ce projet de quoi avez-vous bénéficié ?
Mme CISSE : Premièrement d’un renforcement de capacité, qui a permis une formation en informatique et une formation en microentreprise.
Deuxièmement nous avons bénéficié de lignes de crédits. Notre première ligne de crédits accordée est de 6.250.000 FCFA remboursable en un an pour un intérêt de 5%, ensuite nous avons eu une deuxième ligne de crédit de 19.500.000 CCFA en cours d’exécution. Ces lignes de crédits, nous ont permis au niveau de la commune de Bargny d’avoir un guichet pour lutter contre la pauvreté avec 2083 adhérents. Au niveau de ce guichet on octroie des crédits de 25.000 FCFA remboursable journalièrement à raison de 300 FCFA pendant 101 jours par bénéficiaire. Ces lignes de crédits ont permis aux femmes de Bargny d’avoir une centrale d’achats au niveau du marché, ce qui permet à ces dernières de venir s’approvisionner quotidiennement et de pouvoir rembourser. Même pour un crédit d’un million, le remboursement est journalier. Pour 2007 le taux de remboursement est de 95%.
Ce projet nous a permis de constater une nette amélioration de la qualité de vie de nos membres.
Mme Seynabou DIOP Coordonnatrice du Réseau des Caisses d’Epargne et de Crédit des Femmes de Dakar
COCO : Ce réseau comprend combien de membres ?
Mme Seynabou DIOP : Nous sommes 24.000 membres au moins. Parmi ces membres il y’a des membres physiques et 115 groupements. Notre siège se trouve à liberté 6 Extension vers le camp Sékou Mballo. Le réseau est composé de 20 caisses situées particulièrement à Dakar. Mais il y a des caisses à Mbour, Kaolack, Tambacounda et Koungheul.
COCO : Parlez nous de vous relations avec PlaNet finance et du projet « Jiggen Ni Tamit »
Mme Seynabou DIOP : Notre partenariat avec PlaNet finance a commencé depuis 2006 dans le cadre d’un projet Microsoft Limited Pontentiel dont l’objectif était d’initier les bénéficiaires du réseau à l’informatique, par la suite nous avons un autre partenariat dans le cadre du projet « Jiggen Ni Tamit » visant à valoriser et renforcer l’esprit entreprenariat chez les femmes.
Avec planète nous sommes entrées dans un autre aspect qui ne fait que renforcer le réseau dans le cadre de la microfinance. Parce que nous travaillons avec des bénéficiaires analphabètes qui n’ont pas la possibilité en tout cas de toucher à l’outil informatique et qui n’ont pas les notions élémentaires pour la gestion et qui posent quelques fois problème quand elles bénéficient de crédit pour le remboursement. Donc dans le cadre du projet « Jiguen ni tamit » des femmes ont été formées à la gestion, comptabilité et même à la gestion d’une entreprise en générale, il y’a entre autre la formation dans la gestion du crédit. Ce qui fait que maintenant on est rassurée en sachant que ces femmes auront le reflexe de bien gérer le crédit que nous leur donnons ce qui peut être une garantie pour un bon remboursement de crédit.
Propos recueillis par
Léopold DIENG