Le président de l’Association des Consommateurs du Sénégal (Ascosen) crie son ras-le bol
« Veiller à ne pas livrer des produits alimentaires non-conformes aux enfants » tel est le thème de la journée mondiale de consommateur qui sera célébrée le 15 Mars.
1- Présentez-vous à nos lecteurs
Je m’appelle Momar NDAO. Je suis Ingénieur Commercial de formation. Je suis entrain de finaliser un Master 2 en Droit de régulation à l’UCAD. Je suis spécialisé en imagerie numérique en web, en 3D, en Base de données et technologie web. J’ai aussi fait une formation en Partenariat Public-Privé et en gestion des services publics et la régulation avec l’Institut de la Banque Mondiale à Pretoria en Afrique du Sud et à Dakar. Je m’occupe aussi de l’Ascosen dont je suis le président depuis 1994.
2- Pouvez-vous nous faire l’historique de l’ASCOSEN ? Quelles sont les actions et réalisations de l’ASCOSEN au bénéfice des consommateurs depuis son existence ?
L’Ascosen est la plus ancienne des associations de consommateurs qui existent aujourd’hui au Sénégal. Dans les années 1975, il y avait une association de consommateurs, mais elle n’a pas duré. Donc c’est le 04 Novembre 1989, que l’ASCOSEN a été créée. Cela va faire 19 années que nous existons, et il serait difficile de vous citer, ici, toutes nos actions qui ne tiendraient pas dans votre journal. Cependant, je vais vous en citer quelques unes.
Depuis sa création, l’ASCOSEN qui est une association généraliste a travaillé sur tous les sujets : que ce soit la qualité, la publicité, les Banques, les services publics, l’électricité, le téléphone, l’eau, les prix des denrées de première nécessité, en tout cas, tous les biens et services offerts aux consommateurs. Nous avons aussi travaillé sur la qualité des produits de première nécessité et surtout, la préservation de la santé des consommateurs.
Depuis 1994, quand il y a eu la libéralisation des prix, l’Ascosen s’est beaucoup focalisée sur la qualité des produits parce qu’avant, les premiers sujets qui nous venaient c’était plutôt des problèmes liés à la qualité des services offerts par les services publics que sont : l’électricité, le téléphone et l’eau. Mais aussi la lutte contre la hausse des prix.
Quand beaucoup de produits sont passés dans le domaine du libre, (après la libéralisation en 1994), nous nous sommes orientés vers la qualité des produits alimentaires, principalement sur la qualité aussi des services qui sont offerts.
Nous avons fait des centaines d’analyses de produits, nous avons fait actions de saisie de produits périmés ou non-conformes avec le service de l’hygiène et le service de la répression des fraudes.
Nous avons fait plusieurs visites d’usines pour lutter contre la mauvaise fabrication des produits qui sont mis à la disposition des consommateurs. Nous avons fait des tests des bouteilles de gaz après les explosions qui avaient entraîné la mort de beaucoup de sénégalais dans la banlieue.
Nous avons fait beaucoup d’actions aussi dans le domaine des télécommunications. Ce qui fait aujourd’hui quand vous appelez quelqu’un au niveau de Sonatel et que vous tombez sur la boite vocale, vous n’êtes pas facturé et que si vous êtes en dehors du réseau on vous envoie plus sur la boite vocale. Tout ça c’est des résultats de l’ASCOSEN. On s’est battu pendant très longtemps, la Sonatel a finalement accédé à notre requête. Ensuite quand la Sonatel faisait venir le Gsm, il y avait juste avant le système « Radiocom 2000 » qui était un système analogique qu’ils utilisaient et avec le « Radiocom 2000 » si vous appelez vous payez, si vous êtes appelé vous payez.
Et la Sonatel voudrait mettre cela en œuvre avec le Gsm, de sorte que quand vous appelez vous payez et même quand vous êtes appelés vous payez. C’est aussi grâce à l’ASCOSEN qu’on a enlevé cette option et que seul celui qui appelle est facturé.
Nous avons fermé coca cola au Sénégal pendant une semaine parce qu’ils avaient des produits qui étaient contaminés par des moisissures et ça c’était en 2000.
Nous avions aussi étés traînés en justice, parce que nous avions fait des analyses du lait Nestlé qui montraient qu’il y avait des coliformes et Nestlé nous avait amené devant le Tribunal pour diffamation. D’ailleurs nous avions été condamnés malgré les preuves que nous avions données. Mais depuis lors, personne n’achète ce lait parce que les gens avaient une attitude de bon consommateur.
Nous avons analysé un certain nombre de produits ici au Sénégal sur lesquels, nous avions vu que les normes n’étaient pas respectées.
Nous nous sommes battus contre les cuisses de poulets qui étaient importées au Sénégal.
Nous nous sommes battus contre les boissons telles que les «jumkin» qui étaient des boissons qui contenaient des produits dangereux pour la santé notamment soit la tartrazine, la saccharine, le cyclamate de sodium.
Nous nous sommes aussi battus contre la hausse des prix et nous avons organisé une marche le 29 Juin 2007 en conviant l’UNCS. Ce qui faisait que c’est grâce à cette action que l’Etat avait commencé à baisser les prix du riz de 10% et avait bloqué un certain nombre de prix dont le prix du gaz et celui du pain.
Nous nous battons aussi pour la qualité dans les transports, notamment, pour la définition d’un plan de circulation qui corresponde aux besoins des sénégalais.
Nous nous sommes battus contre les publicités mensongères qui passaient à la télévision mais aussi contre des produits cancérigènes qui étaient importés par des commerçants et qui étaient vendus au niveau de Dakar et des régions. Nous nous sommes battus pour qu’on fortifie les produits alimentaires pour que la population puisse avoir les vitamines et les micronutriments nécessaires et nous nous sommes beaucoup battus pour l’information des consommateurs à travers une émission appelée « NAY LEER »qui passait à la RTS1 en 2006 ensuite à la RDV en 2007.
Donc tous ces efforts c’est pour éviter que le consommateur ne soit pas d’une manière ou d’une autre abusé ou n’ait pas la bonne information. Parce que la devise de l’ASCOSEN c’est « mieux connaître pour mieux consommer ».
Nous nous sommes aussi battus contre la hausse du prix du pain et sa qualité puisque nous avions eu trois personnes l’une Assane DIAKHATE qui avait mâché une lame de rasoir dans un morceau de pain, un autre un bout de fer et une dernière qui est une dame qui avait avalé un bout de lame dans un morceau de pain. Tout ça pour dire que la qualité des produits alimentaires reste l’un des grands axes de la bataille de l’Ascosen.
Nous ne pouvons pas vous citer tout ce que nous avons fait en 19 ans et il sera très difficile de vous donner le détail de toutes nos réalisations jusqu’à présent. Mais ce que je peux dire, ce que nous avons participé de manière effective à la création d’une conscience consumériste au Sénégal. Et je pense que ça c’est extrêmement important. Ça prendra le temps que ça prendra, mais aujourd’hui, les sénégalais ont plus, le réflexe consommateur que, il y a 19 ans.
Nous nous battons tous les jours pour que le consommateur soit protégé, pour que ses intérêts soient préservés. Et pour ça il faut que le consommateur soit informé. Ainsi ceci reste notre mission d’apporter la bonne information au consommateur.
3- Quels sont les obstacles auxquels l’ASCOSEN fait face ?
Les premiers obstacles que nous avons sont des obstacles matériels et financiers. Parce que par exemple nous aurions souhaité avoir un camion laboratoire pour nous permettre de faire des analyses même à Fongonlembi si quelqu’un nous dit que l’eau du puits de tel village ou distribuée dans telle ville ne semble pas potable ou, si cette eau n’est pas conforme ou si elle présente des dangers, que nous puissions aller sur place, faire des prélèvements, faire des analyses de ces différents produits et pouvoir intervenir.
Nous aurions aussi souhaité d’avoir des équipements qui nous permettent de tester les carburants, parce que de temps en temps nous avons des problèmes de qualité liés à ces produits que les gens utilisent.
Nous voyons aussi que dés fois les produits importés ne sont pas conformes. Nous aurions souhaité aussi avoir les moyens de pouvoir les tester. Nous voudrions avoir un laboratoire complet qui puisse nous permettre de faire toutes ces analyses.
Donc ces moyens nous ne les avons pas. Ce qui fait que nous faisons faire ces analyses par d’autres laboratoires et cela demande beaucoup d’argent et tout cet argent nécessaire nous ne l’avons pas. Et c’est pour dire que ce sont ces deux problèmes financiers et logistiques que nous avons et qui nous empêchent de faire tout ce que nous voudrions faire pour le bénéfice des consommateurs. Parce que les consommateurs n’achètent pas suffisamment de cartes et ne mettent pas d’argent dans les mouvements plutôt, le consommateur pense que venir militer dans une association de consommateur c’est appuyer une personne. Ceci n’est que la faute des politiciens qui n’arrêtent pas de dénaturer les relations qui existaient entre les militants et les responsables d’organisations. Si bien que, si, aujourd’hui, vous invitez les consommateurs à faire une marche contre la hausse des prix, ils vont nous dire « payez nous le transport ». Parce qu’ils pensent que s’ils font la marche c’est la personne du président qu’ils sont entrain de soutenir. Or, la marche, c’est leur marche puisque s’il a une baisse des prix, tout le monde en bénéficie. C’est aussi une des difficultés que rencontre l’Ascosen par rapport à la lutte qu’elle mène.
Cette difficulté tient à l’imagerie populaire sénégalaise, parce que le sénégalais reste dans son salon et commente les actions des associations de consommateurs en disant « oui c’est bien » ou « non ces gens là sont pas sérieux » etc., parce que l’on a touché d’une manière ou d’une autre à leur intérêt. Et quand vous touchez les intérêts des certains, en soulignant la non qualité d’une entreprise à laquelle ils sont liés, ils vous traitent de tous les noms d’oiseaux.
Mais s’ils vous présentent une facture de courant ou d’eau et qui est surévaluée à 400.000 francs CFA ou même 800.000 francs CFA et que, de par votre intervention, vous arrivez à leur régler la situation de sorte qu’ils payent les 12.000fcfa ou 15.000fcfa qu’ils payaient avant, ils vont jurer de par votre association. C’est la nature humaine qui est comme ça, tant que leurs intérêts ne sont pas mis en cause, ils ne sauront pas ce que vous êtes entrain de faire et peuvent parler dans l’air et dire beaucoup de mal de vous.
4- Dans les requêtes que vous formulent les usagers, quel est votre collaboration avec la SDE, SENELEC, SONATEL, ARTP, ONAS, ASER ?
Nous, ce que nous faisons, nous privilégions toujours l’approche non contentieuse. C’est-à-dire que quand il y a quelqu’un qui nous amène une facture d’eau ou d’électricité ou de téléphone qui est anormale. La première des choses que nous faisons, c’est d’essayer de voir si réellement la facture est anormale ou si le consommateur n’est pas fautif. On regarde bien, mais si une fois on voit que le consommateur est dans son droit, nous intervenons au niveau de l’entreprise de service public en leur disant attention «vous avez fautez ici parce que telle personne a reçu une facture anormale qui ne s’explique pas etc.» et dans 99% des cas la société en général fait une étude assez objective et regarde s’il y a réellement une erreur, elle corrige. Donc on n’a jamais eu de problème comme ça.
Parfois il est très difficile d’apporter la preuve de la chose, parce que le consommateur ne peut pas démontrer qu’il n’est pas fautif. Ainsi, si nous retrouvons de face à ces genres de situations, on préconise le dialogue puisque nous ne pouvons pas prouver que le consommateur a raison. Et donc s’il ne peut pas prouver qu’il a raison, il est considéré par l’entreprise comme quelqu’un qui a tort, mais, pour ne pas le léser, on essaye de trouver une solution consensuelle avec le fournisseur.
Maintenant, si le consommateur a vraiment tort, on lui dit qu’il a tort, et si nous pouvons demander des dispositions qui puissent alléger sa situation, on va le faire s’il n’y a pas une volonté négative de la part de la part du consommateur. Si le consommateur est de bonne foi et qu’il a tort, on essaye de trouver des circonstances atténuantes pour ce dernier.
Cela veut dire que nous sommes en de bons termes avec les entreprises de service public, sauf si vraiment, elles n’écoutent pas ce que nous leur disons. A ce moment là, ça peut aller au contentieux. Mais, en somme, nous sommes contre aucune entreprise et nous pensons que ce qui est important c’est que les entreprises de service public soient à l’écoute des suggestions des consommateurs. Maintenant, si on leur fait une suggestion et qu’elles ne sont pas convaincues, nous débattons avec elles. Et, c’est si seulement, elles ne sont pas d’accord avec nous, qu’il y a un contentieux. En principe notre approche n’est pas contentieuse.
5- Le 15 Mars, c’est la journée mondiale des consommateurs. quel message pouvez-vous faire à l’endroit des consommateurs par rapport au thème de cette année que vous voudriez bien me rappeler ?
Le thème de cette année c’est « veiller à ne pas livrer des produits alimentaires non-conformes aux enfants ». C’est un thème très important parce que les enfants sont les plus sensibles à la mauvaise qualité des produits qui leurs sont servis. Nous, ce que nous disons c’est que les enfants sont des consommateurs à part entière et que, ce sont les parents qui sont chargés de veiller à la prise en compte de leur intérêt. Parce que, nous donnons, très souvent de l’argent aux enfants qui vont acheter des produits et nous ne surveillons même pas ce qu’ils achètent et c’est une très grande part de responsabilité des parents que de vérifier la qualité des produits achetés par leurs enfants. Parce que, sinon, les enfants n’ont pas le pouvoir de discernement et ne peuvent pas savoir si tel produit est dangereux ou périmé etc. c’est un problème réel de santé publique que de voir l’alimentation des enfants.
6- Est-il possible que les associations de consommateurs puissent fédérer ?
Oui c’est tout à fait faisable, parce que nous avons mis en place ce qu’on appelle l’Entente nationale des associations de consommateurs (Enac) à laquelle toutes les associations sont membres sauf une. Donc je pense qu’aujourd’hui ça a démarré, les tentatives de rapprochement, parce en général, les responsables d’associations en tant que telles s’entendent bien. En général, les divergences, c’est au niveau de la manière de faire face à certaines agressions des consommateurs, les approches sont différentes et les compréhensions sont différentes. Les problèmes sont surmontables puisque les gens se parlent et une fédération est possible. Maintenant il faudra déterminer comment cela doit se faire. Parce que les dirigeants d’associations de consommateurs ont gagné en maturité. Mais aussi il faut dire que les gens ne sont pas obligés de se fédérer, parce que si vous regarder bien y a plus d’une centaine de partis politiques, plusieurs dizaines de syndicats et pour les associations de consommateurs, il y en a huit sur le papier et seulement peut être quatre qui travaillent, nous nous sommes pas nombreuses en tant qu’associations. Maintenant il faut travailler, se donner la main et éviter de se taper dedans.
7- Vous-êtes aussi le président du Réseau des associations de consommateurs de l’Uemoa ; le Rac/Uemoa. Pouvez-vous nous faire l’historique et la réalisation de ce réseau ?
Nous avons mis en place le 30 juin 2006 à Abidjan le Réseau des associations de consommateurs de l’Uemoa (Rac/Uemoa). Le réseau a pour objectifs de rapprocher les différentes associations de consommateurs qui sont dans l’espace Uemoa et de pouvoir échanger des informations, pour pouvoir faire pression de manière plus efficace, au niveau de nos gouvernants et pour pouvoir sonner l’alerte. Parce que - je donne un exemple - s’il y a un bateau dangereux qui arrive à Abidjan, et qu’Abidjan refuse de recevoir, les membres du réseau qui se trouvent à Abidjan vont envoyer des messages pour alerter tout le réseau, parce que nous avons mis en place au niveau du réseau ce qu’on appelle le « groupe rac/Uemoa » qui est un groupe Internet qui permet tous les jours d’échanger les informations entre ce qui ce passe au Niger, Bénin, Ouagadougou, bref dans toute la zone Uemoa, pour dire qu’il y a telle ou telle chose qui est entrain de se faire ou bien, voilà l’expérience sénégalaise en matière de lutte contre la hausse des prix, voilà ce qui a été fait au Mali etc. en fait l’information passe.
La solidarité existe aussi, notamment nos amis du Tchad avaient des problèmes parce que on avait emprisonné un leader d’association de consommateurs, bien que le Tchad n’est pas, en fait, membre de l’UEMOA. On a mis un système de solidarité qui a permis de dénoncer certaines pratiques. Tout fonctionne sur les échanges mais on pas encore les moyens financiers très importants pour faire de grandes choses, pour l’instant nous travaillons beaucoup sur les échanges d’informations en temps réel
8- Certaines associations de consommateurs qui avaient participé à la création de ce réseau se plaignent de ne pas être au courant des activités du RAC/UEMOA. Qu’en est-il réellement ?
Non. Moi, en tant que président, je n’ai pas reçu une seule plainte et c’est vous qui venez de me l’apprendre. Ce qu’il y a c’est que, au niveau du réseau, les gens étant séparés par des frontières on travaille séparément et nous nous retrouvons autours d’un réseau Internet pour échanger les informations. Puisque ce qui se passe dans un pays est transmis directement à tous les membres de ce réseau. Donc toute association qui a Internet et qui est sur la liste de ce réseau reçoit toutes les informations et à mon niveau je n’ai reçu encore une fois de plainte par rapport à ça. Car toutes les associations membres du réseau ont des e-mails et reçoivent quotidiennement les informations du réseau.
Pour tenir des réunions, ça nécessite beaucoup de moyens. Rien que les billets d’avions, cela représente des millions de Francs. On est entrain de voir s’il y a une possibilité de tenir une réunion dans un pays.
Dans le cadre du réseau, le 7 septembre 2007 nous avons fait une requête au niveau de l’UEMOA pour leurs demander de mettre en place un système pour permettre aux Etats en cas d’augmentation des prix au niveau international qui affecte les pays de l’UEMOA, que l’on permette donc aux Etats de prendre des mesures fiscales de manière conjoncturelle pour pouvoir faire face. Et je pense que c’est très important, car cela permet aux Etats membres de l’UEMOA de pouvoir momentanément suspendre des droits de douane ou la TVA pour que les prix baissent.
9- Concernant la hausse de prix des produits et la situation actuelle du pays, quel est votre point de vue et que comptez-vous faire ?
Moi, je pense que la hausse actuelle des prix là, c’est aussi la faute de l’Etat qui n’a pas pris ses responsabilités. Parce que nous avons demandé que les produits de première nécessité soient homologués. Parce que si les produits de premier nécessité : riz, huile, lait, sucre, si ces produits là sont homologués, il faut une autorisation de l’Etat pour que les producteurs et distributeurs puissent les augmenter. Ceci pourrait protéger les consommateurs parce que si quelqu’un veut augmenter les prix en ce moment là, l’Etat va lui demander la structure des prix et l’étudier pour savoir s’il doit y avoir augmentation ou pas et, de combien. Les augmentations vécues à l’étranger sont répercutées de manière exagérée au Sénégal et sur ce sujet, l’Etat doit faire quelque chose. Nous ne comprenons pas que le riz coute 300 f CFA aujourd’hui car 300 FCFA, avant, c’était le prix du riz entier. C’est vraiment inadmissible que l’Etat se mette encore à dormir sans intervenir pour que les consommateurs soient soulagés. Et cette augmentation nous est restée à travers la gorge.
Aujourd’hui même le savon qui est fabriqué à base d’huile d’arachide a subi une augmentation. Et cela va aller dans tous les sens si l’Etat ne fait rien. Et c’est la raison pour laquelle nous lançons un appel aux autorités en leur demandant de prendre leurs responsabilités, sinon, nous nous allons prendre les nôtres. Quant au Ministère du Commerce, depuis qu’on a nommé le nouveau ministre Abdou Rahim AGNE, ce ministère est entrain de dormir. Vraiment nous ne le sentons plus. Je pense qu’aujourd’hui qu’il faut que le Ministère du Commerce s’engage à faire son travail convenablement et qu’on puisse protéger les consommateurs.
On ne peut pas laisser les consommateurs comme ça. On avait parlé des magasins de référence et des centrales d’achat c’est une idée des associations de consommateurs et non des syndicats et aujourd’hui on en parle pour les syndicats. Et cela est inadmissible car c’est un problème de consommation et non de syndicat. L’Etat doit savoir raison garder et nous nous interpellons le premier ministre avec qui nous avions eu des réunions suite à la marche que nous avions faite et il faut qu’il tienne parole.
Propos recueillis par
Lamine DIEDHIOU