Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng prennent un mois avec sursis, Ddd déboutée
Au procès de vendredi dernier, le procureur de la République avait
requis une peine de six mois de prison assortie du sursis pour les
responsables consuméristes Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng. A
l’arrivée, le tribunal a préféré revoir la demande du parquet à la
baisse en condamnant les prévenus à un mois avec sursis. La société de
transport Dakar Dem Dikk, déboutée, n’aura pas les cinq millions de
francs qu’elle réclamait pour ses bus endommagés.
Les responsables consuméristes Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng ont été
condamnés à un mois de prison assorti du sursis par le tribunal des
flagrants délits de Dakar qui a rendu, hier, son délibéré. La société
de transport public Dakar Dem Dikk (Ddd) a été déboutée de sa demande
de réparation, elle qui réclamait cinq millions de francs pour réparer
le préjudice subi par trois de ses bus. MM. Ndao et Dieng,
respectivement leaders de l’Association des consommateurs du Sénégal
(Ascosen) et de l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (Uncs)
avaient répondu, vendredi dernier, des délits de violence et voie de
fait, destruction de biens, rassemblement illicite et organisation
d’une manifestation interdite. C’était à la suite d’une manifestation
publique prévue le 30 mars dernier, devant le siège du groupe Wal
Fadjri, sur la route du Front de Terre. Un sit-in qui avait été frappé
d’une interdiction préfectorale notifiée aux responsables le vendredi
28 mars. Malgré cette interdiction, des personnes s’étaient retrouvées
sur la route du Front de Terre, de même que des journalistes venus
suivre la tournure de la situation. Les deux responsables
consuméristes avaient été interpellés par les policiers fortement
présents sur les lieux.
Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng, qui avaient bénéficié d’une mise en
liberté provisoire, avaient nié à la barre du tribunal des flagrants
délits avoir bravé l’interdiction préfectorale frappant leur sit-in.
Ils se rendaient, disent-ils, auprès des membres de leurs associations
et des sympathisants pour leur faire part de l’interdiction du sit-in
et, en même temps, convier les journalistes présents à un point de
presse au siège de l’Ascosen. C’est sur le chemin que les policiers
les avaient interpellés tout en les brutalisant à l’aide de matraques
électriques utilisées parfois à des endroits sensibles de leurs corps,
disent-ils. En tout cas, il y eut des échauffourées ce jour-là, les
policiers lançant des grenades lacrymogènes à des gens qui leur
balançaient des pierres. La société de transport Ddd déclarait au
procès avoir vu trois de ses bus saccagés par les manifestants. A
l’audience, elle réclamait cinq millions de francs à titre de dommages
et intérêts.
Le procureur de la République, après avoir retenu la culpabilité des
prévenus, avait requis une peine de six mois assortie du sursis. Le
pool d’avocats de la défense avait accrédité la thèse servie par MM.
Ndao et Dieng, selon laquelle ce sont les policiers qui les ont
agressés alors qu’il n’y avait même pas de début de manifestation. Par
conséquent, ils avaient sollicité leur relaxe pure et simple.
Finalement, le tribunal a opté pour une peine d’un mois assortie du
sursis.
Malick CISS
c'est bien jean pierre dieng. le monde appartient uniquement à ceux qui appartiennent au peuple.